NÉO-BAROQUE

Par le biais de l’exploitation des erreurs des IA génératives — appelées « hallucinations » — qu’il provoque, Paul Philip produit des œuvres composites à l’aide de techniques traditionnelles et d’outils numériques, qui proposent une représentation visuelle néo-baroque de la réalité consciente, tout en ouvrant une réflexion sur l’usage pertinent de cet outil qui irrémédiablement transforme notre société.

Voluptés

Les scènes superposent l’abstraction de polyèdres platoniques -représentant les constructions de l’esprit cartésien et rationnel- au devant de scènes d’influence baroque où s’entremêlent des  personnages aux anatomies impossibles hallucinées par l’IA. La technologie défaillante des logiciels de génération d’images est utilisée comme source d’inspiration retransmise sur des supports tangibles à l’aide de techniques traditionnelles de peinture à l’huile. La logique visuelle des géométries superposées flotte à la surface de la représentation de l’irrationnel et des rêves. L’œil de l’observateur doit alors choisir un des deux mondes, la conscience ne pouvant être présente que dans un seul espace à la fois. La partie inférieure abstraite représente les pixels agrandis d’où tout surgit. Huiles sur panneaux de bois, éditions limitées sur aluminium et sur papier.

De Anatomia Botanica

Le projet complet consiste en un faux incunable , comptant des textes en latin générés par ChatGPT. L’inspiration vient des gravures des livres scientifiques antérieurs au XIXe siècle. Créant tout d’abord une base de données 3d des systèmes anatomiques du corps humain, Paul Philip en tire des rendus en infographie. Ces images sont alors altérées dans un logiciel d’intelligence artificielle générative pour remplacer les chairs par des éléments de botanique. Édition limitée sur papier et aluminium.

Baroque Botanique

La démarche s’appuie sur le concept philosophique de panpsychisme qui argumente que toute chose dans l’univers possède un degré de conscience. Les limites des corps deviennent imprécises, les plantes adoptent la forme des membres en nous enlaçant pour communiquer. L’union des organismes produit des clichés en superposition. La partie inférieure abstraite représente les pixels agrandis d’où tout surgit. Éditions limitées sur papier et aluminium.

Orbicularis Oris

Des bouches seules ou accumulées en compositions géométriques simples et parfois anamorphosées, qui peuvent évoquer le travail de l’artiste japonais Tomio Miki et ses séries de répétitions d’oreilles en aluminium (1964). Ce muscle polymorphe qui peut suggérer l’amour ou la haine, élément crucial du langage non verbal, nous offre le spectacle de la beauté muette du corps humain. Bronzes et éditions limitées sur papier.

Enlacements

Série de photos réalisées à l’aide d’interfaces génératives en exploitant les erreurs de calcul appelées hallucinations. Ces clichés semblent banals à première vue ; ils sont reconnus comme des instantanés de moments d’enlacements entre deux protagonistes. En observant ces clichés de plus près, on se rend à l’évidence: les anatomies sont fausses, les membres démultipliés, mal connectés au corps. La représentation de l’anatomie est soumise aux erreurs du calcul génératif, un peu à la manière des altérations génétiques de la biologie du vivant.

Through the exploitation of errors in generative AI — called “hallucinations” — which he provokes, Paul Philip produces composite works using traditional techniques and digital tools, which offer a neo-baroque visual representation of conscious reality, while opening a reflection on the relevant use of this tool which is irrevocably transforming our society.

Voluptés

The scenes superimpose the abstraction of Platonic polyhedra—representing the constructs of the Cartesian and rational mind—onto scenes of Baroque influence where figures with impossible anatomies, hallucinated by AI, intertwine. The flawed technology of image generation software is used as a source of inspiration, transmitted onto tangible supports using traditional oil painting techniques. The visual logic of the superimposed geometries floats on the surface of the representation of the irrational and dreams. The observer's eye must then choose one of the two worlds, as consciousness can only be present in one space at a time. The abstract lower section represents the enlarged pixels from which everything emerges. Oils on wood panels, limited editions on aluminum and paper.

De Anatomia Botanica

The complete project consists of a faux incunabulum, containing Latin texts generated by ChatGPT. The inspiration comes from engravings in pre-19th-century scientific books. First creating a 3D database of the human body's anatomical systems, Paul Philip then generates computer-generated renderings. These images are then altered using generative artificial intelligence software to replace flesh with botanical elements. Limited edition on paper and aluminum.

Baroque Botanique

The approach is based on the philosophical concept of panpsychism, which argues that everything in the universe possesses a degree of consciousness. The boundaries of bodies become blurred, and plants adopt the shape of our limbs, embracing us to communicate. The union of organisms produces superimposed images. The abstract lower section represents the enlarged pixels from which everything emerges. Limited editions on paper and aluminum.

Orbicularis Oris

Mouths, alone or grouped in simple, sometimes anamorphic, geometric compositions, reminiscent of the work of Japanese artist Tomio Miki and his series of repeated aluminum ears (1964). This polymorphic muscle, capable of suggesting love or hate, a crucial element of nonverbal communication, offers us a glimpse of the silent beauty of the human body. Bronzes and limited editions on paper.

Enlacements

A series of photographs created using generative interfaces that exploit computational errors known as hallucinations. At first glance, these images appear commonplace; they are recognized as snapshots of moments of embrace between two people. Upon closer examination, however, the truth becomes clear: the anatomies are distorted, the limbs multiplied, and poorly connected to the body. The representation of anatomy is subject to errors in generative calculation, somewhat like the genetic alterations in the biology of living things.